Pour une meilleure compréhension du Bal Brasil Popular, Diferrance a interviewé des chercheurs, des ethnomusicologues, des artistes, des professeurs, des acteurs et actrices de la culture brésilienne et des agents de la vie locale du Diois pour créer « BalueêÊ », une émission radio et un podcast diffusé par RDWA (radio locale), sur youtube et sur les réseaux sociaux. Les interviews ont été faites au Brésil et en France entre janvier et mai 2022 et seront diffusées tous les mardis à 18h à partir du 17 Mai au 9 août.
Le Bal Brasil Popular est la réunion de différentes formes d’art composant la culture brésilienne.
Le festival, qui aura lieu à Recoubeau-Jansac, commune du Diois – Drôme, est né dans un souci de répondre honnêtement à l’intérêt croissant pour la culture brésilienne et la pratique de sa musique dans le Diois et en France.
En accueillant des artistes référents venus du Brésil et des quatre coins de France, en proposant une cuisine traditionnelle, en réalisant des stages d’arts plastiques, de musique et danse, le Bal Brasil Popular propose une vraie immersion dans le folklore de ce pays.
Les émissions radios, les trois évènements de l’été (4 juin, 2 juillet et 6 août) et toutes les productions autour du Bal Brasil Popular vont donner lumière à un documentaire homonyme à la fin de l’année 2022.
Ouvrir les yeux sur les cultures du monde est un moyen d’être attentif à notre propre environnement. Les moments de loisirs sont aussi les moments de rencontres publiques capables de nourrir des discussions sociales nécessaires qui populaire basée sur le partage et l’entraide.
Notre point de départ est d’être en lien avec plusieurs organismes de la vie quotidienne du Diois afin d’entendre les demandes spécifiques de chacun d’eux et ainsi construire ensemble notre société.
Venez tisser les liens culturels qui nous rassemblent, cet été, au Tas de fumier !
Pour ce premier épisode de BalueêÊ, L’origine, nous vous partageons nos discussions avec Debi et Renata de Tapioca do baile, Guga Armorim et Dona Cila do Coco. Retrouvez également les voix de Tagio et Babi dans la bande originale de BalueêÊ.
Iels sont un duo d’artistes multi-disciplinaires, nomades, musicien.nes, graphistes, monteureuses, vidéastes, producteurices, diffuseurices…
Habitants dans une maison-van, emportant un studio et une scène mobile, les artistes nomades @babiejaques et @tiagolasserre ont créé le programme @viajando.na.musica pour partager les découvertes et les recherches musicales qu’ies collectent à travers le brésil, particulièrement les zones reculées, périphériques et rurales. Leurs émissions sont diffusées sur @freicanecafm, radio publique de Recife (Brésil – Pernambouco). Leur maison-mère de production générale est @Quanticos.
Iels nous ont accueillis à Recife dans leur studio pour le commencement de l’enregistrement des émissions de balueêÊ et seront les chœurs de la roda « vem aqui vai comencar » qui rythme toutes les émissions du bal brasil popular.
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Venant du Tupi guarani, la vraie langue brésilienne, la principale des peuples autochtones, tapioca signifie tapi : pain et oca : maison. La tapioca, nourriture traditionnelle des peuples autochtones brésiliens, est faite à la base de farine de manioc. L’histoire raconte qu’elle a substitué le pain lors de l’occupation des colons au Brésil.
Les tapiocas sont très populaires au nord-est du Brésil. A la place de la Sé, l’un des points les plus touristiques de la ville d’Olinda, on trouve plus de 50 tapioqueiras (femmes qui font les tapiocas) qui font ce métier depuis plusieurs décennies. Sur cette place on trouve constamment de la capoeira, des rondes de cocos (musique et danse), de la samba et de l’artisanat. La tapioca est une nourriture de rue et est accessible à toustes.
Tapioca do baile a été initié par Renata, Debi & Nichelle en 2021. A travers le « simple » geste de faire des tapiocas, elles apportent énormément de discussions, d’histoire et de profondeur sur la culture brésilienne. Lors des trois bals, il y aura des tapiocas végétariennes salées/sucrées et aussi la traditionnelle, avec du coco râpé et du fromage. Le coco est un fruit très symbolique pour le Brésil, et aussi pour le bal. On boit son eau, mange sa chair, tapisse le sol des maisons avec la coque, on en fait de l’artisanat, notamment de la bijouterie, des instruments de musiques… De ces instruments naissent des rythmes, l’un d’eux sera présent lors du bal, le côco !
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A Olinda, première capitale de la culture brésilienne, c’est difficile d’avoir un forro sans Guga Amorim…
En plus de 25 ans de carrière, il a joué avec plusieurs grands dont Mestre Salustiano, une des plus grosses références de la culture populaire du Brésil et bras droit d’Ariano Sulasuna, ancien secrétaire de culture de l’état de Pernambuco. Avec Quarteto Olinda, Guga a eu des tourner sur plusieurs pays et une histoire qui a laissé son héritage.
En parallèle, mais non moins important, Guga a développé un travail de luthier. Aujourd’hui il est une référence dans la fabrication du pandeiro et d’autres instruments de l’univers du forro, le bal populaire du nord-est du Brésil
C’est dans son atelier que BalueêÊ est allé l’interroger sur sa carrière et son expérience sur la lutherie, mais surtout pour en savoir un peu plus sur l’univers du forro et des bals populaires traditionnels d’Olinda et du nord-est du brésil.
Merci à Tanguy et Agathe Loreau pour la version française de Guga.
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La plus grande inspiration du Bal Brasil Popular, du Conjunto Regional Samba Matuto, et aussi de renommés projets comme le groupe belge Thing Of One (Grammy) et le groupe ‘pernambucano’ Nação Zumbi (meilleur groupe du monde par The New York Times), Cecilia de Oliveira, Dona Cila do coco, a dû attendre la retraire pour être reconnue comme référence de la culture populaire du Pernambouco…
Mémoire vivante d’une époque sans registres, porte-parole des répertoires qui se perdent dans le temps et qui risquent de rentrer dans l’oubli, Cila était bercé par plusieurs styles musicaux, depuis très jeune elle porte et emporte sa voix magique dans les fêtes populaires.
Dona Cila nous a offert un moment de grâce en nous recevant chez elle.
Et un grand merci à Danielle et à Agathe pour la version française de Dona Cila.